Quand l’excellence universitaire rencontre la solidarité sociale : l’UEMF ouvre ses portes aux enfants de la famille policière

Quand l’excellence universitaire rencontre la solidarité sociale : l’UEMF ouvre ses portes aux enfants de la famille policière

Hicham TOUATI 

À Fès, une passerelle nouvelle se dessine entre l’excellence académique et la solidarité institutionnelle. En scellant une convention de partenariat avec l’Université Euromed de Fès, la Fondation Mohammed VI pour les œuvres sociales des fonctionnaires de la sûreté nationale ne se contente pas d’élargir l’accès à l’enseignement supérieur privé. Elle inscrit l’avenir des enfants de la famille policière dans l’orbite d’une université devenue en quelques années l’une des références scientifiques du Maroc et du continent.

Au cours de la première semaine de mars 2026, la Fondation Mohammed VI pour les œuvres sociales des fonctionnaires de la sûreté nationale et l’Université Euromed de Fès ont signé une convention-cadre destinée à renforcer l’accès des enfants de policiers à l’enseignement supérieur privé. Derrière la dimension administrative de l’accord se dessine en réalité une ambition plus vaste : offrir aux nouvelles générations issues de la famille policière la possibilité de se former dans un environnement académique reconnu pour son excellence scientifique et son ouverture internationale.

La convention prévoit que les enfants des fonctionnaires et fonctionnaires retraités de la police nationale, ainsi que les orphelins de la famille de la sûreté nationale, puissent bénéficier d’un dispositif de soutien financier pour accéder aux formations proposées par l’UEMF. Les clauses de l’accord précisent l’octroi de réductions sur les frais de scolarité pouvant débuter à 10 %, tandis que des bourses d’études complètes pourront être attribuées aux orphelins, selon des critères reposant principalement sur l’excellence académique.

Ce mécanisme de soutien ne relève pas d’une simple politique d’avantages sociaux. Il traduit une vision stratégique portée par la Fondation Mohammed VI, qui cherche à consolider un environnement professionnel équilibré pour les femmes et les hommes de la police. En garantissant à leurs enfants un accès élargi à des formations universitaires de haut niveau, la Fondation contribue indirectement à renforcer la stabilité sociale et la reconnaissance institutionnelle d’un corps engagé quotidiennement dans la protection des citoyens et des biens.

Le choix de l’Université Euromed de Fès n’est pas anodin. Fondée il y a à peine treize ans, l’institution s’est imposée en un temps record comme l’une des universités les plus performantes du pays. Selon le classement international de la plateforme ScholarGPS, spécialisée dans l’analyse de la production scientifique mondiale à l’aide de l’intelligence artificielle, l’UEMF est désormais classée première université du Maroc. Une distinction qui la place devant des établissements historiques tels que l’Université Mohammed V de Rabat ou l’Université Hassan II de Casablanca.

L’ascension de l’UEMF repose sur un modèle académique structuré autour de la recherche scientifique, de l’innovation technologique et de l’internationalisation des formations. Son président, le professeur Mostapha Bousmina, figure lui-même en tête des chercheurs marocains toutes disciplines confondues dans le classement « Top Scholars by Country – Morocco » de ScholarGPS. L’université compte également plusieurs scientifiques parmi les chercheurs les plus influents du pays, dont Belkheir Hammouti, confirmant la densité intellectuelle d’un pôle scientifique qui attire désormais étudiants et chercheurs venus de divers horizons.

Cette dynamique se reflète dans les multiples classements internationaux publiés ces dernières années. Huit chercheurs de l’établissement figurent dans le prestigieux classement Stanford–Elsevier des 2 % des scientifiques les plus cités au monde. Sur le plan environnemental, l’université occupe la première place nationale dans le UI GreenMetric World University Rankings. Le Round University Ranking la situe également au premier rang marocain et au deuxième rang africain en matière d’enseignement et d’innovation.

Au-delà des indicateurs académiques, l’université a investi massivement dans ses infrastructures scientifiques. Son campus moderne abrite des laboratoires de recherche avancés, des plateformes technologiques, une cité de l’innovation et des centres de transfert technologique destinés à rapprocher la recherche fondamentale du monde industriel. Plusieurs brevets y ont été déposés dans les domaines des matériaux avancés, des énergies renouvelables, de l’intelligence artificielle ou encore des technologies environnementales.

La convention signée avec la Fondation Mohammed VI ne se limite pas à l’accès des étudiants aux formations universitaires. Elle ouvre également la voie à une coopération institutionnelle plus large entre la Direction générale de la sûreté nationale et l’université. L’accord prévoit notamment la mise à disposition des infrastructures scientifiques de l’UEMF pour des programmes de formation continue et spécialisée au profit des services de police. Il prévoit également des mécanismes d’échange d’expertise dans des domaines scientifiques et technologiques d’intérêt commun.

À l’annonce de cette convention, l’écho a rapidement atteint les lycées où se préparent les futurs bacheliers. À Fès, Badr, élève en deuxième année du baccalauréat scientifique et fils d’un brigadier de police, voit dans cette opportunité une perspective nouvelle. « L’UEMF était pour moi une université prestigieuse mais difficilement accessible. Aujourd’hui, savoir que des bourses existent pour les enfants de policiers me motive davantage à travailler pour obtenir les résultats nécessaires. »

Son camarade Yassine partage le même enthousiasme. Passionné par l’ingénierie et les technologies environnementales, il explique que cette annonce change la manière dont il envisage son avenir académique. « Étudier dans une université aussi bien classée et reconnue à l’international est un rêve pour beaucoup d’entre nous. Si l’on peut y accéder grâce à nos efforts scolaires, c’est une chance immense. »

Aya, également en deuxième année du baccalauréat, perçoit dans cette initiative un message plus large. « Nos parents travaillent souvent dans des conditions difficiles. Savoir que leurs enfants peuvent bénéficier d’un soutien pour accéder à une formation d’excellence est une reconnaissance importante. »

À travers cette convention, deux univers institutionnels se rejoignent : celui d’une fondation sociale attentive au bien-être des familles de la sûreté nationale et celui d’une université en pleine ascension scientifique. Le partenariat traduit une conviction commune : l’investissement dans l’éducation constitue l’un des leviers les plus durables pour renforcer à la fois la cohésion sociale et le développement national.

En ouvrant ses portes aux enfants de la famille policière, l’Université Euromed de Fès ne se contente pas d’élargir son public étudiant. Elle participe à une dynamique plus large qui place la formation de la jeunesse au cœur des politiques publiques et des stratégies institutionnelles. Pour la Fondation Mohammed VI, il s’agit d’une nouvelle étape dans la construction d’un modèle de solidarité active. Pour les élèves qui se préparent aujourd’hui au baccalauréat, c’est peut-être le début d’un chemin académique qui les conduira, demain, au cœur des laboratoires, des entreprises innovantes et des institutions scientifiques qui façonnent le Maroc de demain.