À Fès, deux élèves du GS Aljabr et Géométrie décrochent leur billet pour la finale internationale du Flow à Lyon

À Fès, deux élèves du GS Aljabr et Géométrie décrochent leur billet pour la finale internationale du Flow à Lyon

Hicham TOUATI 

Portés par une préparation exigeante et par une même maîtrise de la parole, Rayane Ahmed Belkasmi et Roa Abzi, élèves du groupe scolaire Aljabr et Géométrie de Fès, se sont qualifiés pour la finale internationale du Festival du Flow 2026. Avec deux autres lauréats du Lycée d’Excellence de Benguérir, ils représenteront le Maroc le 15 juin prochain à Lyon, au terme d’une demi-finale marocaine qui a confirmé la vitalité de l’éloquence chez les lycéens du Royaume.

Fès a confirmé, le 18 avril, qu’elle savait offrir à l’éloquence une scène à sa mesure. Accueillie à l’amphithéâtre Moulay Slimane, en partenariat avec l’Institut français de Fès, la demi-finale marocaine du Festival International du Flow 2026 a réuni de jeunes candidats venus défendre bien davantage qu’une prestation orale : une pensée, une présence, une manière d’entrer dans le débat public par la force des mots. Au terme de cette étape nationale, quatre lycéens ont été retenus pour porter les couleurs du Maroc lors de la finale internationale prévue le 15 juin à Lyon, à la Préfecture. Parmi eux, deux élèves de Fès, Rayane Ahmed Belkasmi et Roa Abzi, tous deux issus du groupe scolaire Aljabr et Géométrie, signent une performance qui honore à la fois leur établissement, la région de Fès-Meknès et, au-delà, l’école marocaine.

Leur qualification donne une résonance particulière à cette édition. Sur le sujet, à la fois délicat et profondément contemporain, « Doit-on parler pour ceux qui se taisent ? », Rayane Ahmed Belkasmi a défendu la thèse du oui, tandis que Roa Abzi en a soutenu la contestation. Que deux élèves d’un même établissement aient su convaincre le jury en portant, avec rigueur et sensibilité, les deux versants d’une même question dit beaucoup de leur niveau de préparation, mais aussi de leur intelligence du débat contradictoire. Cette double consécration a été accueillie avec une fierté évidente, mêlée d’une joie franche chez les deux candidats, conscients d’avoir franchi un seuil important et de s’être ouvert, par le travail, les portes d’une scène internationale.

Cette réussite s’inscrit dans un dispositif plus large. Porté par la Fondation BYBLOS Group, en partenariat avec CFA FormaSup Odyssée et ÉLO Coach, le Festival International du Flow s’est imposé, au fil des éditions, comme un rendez-vous majeur de l’éloquence francophone chez les jeunes. L’ambition dépasse le cadre du concours. Le projet réunit des lycéens de France, du Liban et du Maroc autour d’un même objectif : former une génération capable de s’exprimer avec clarté, conviction et responsabilité. Au Maroc, cette dynamique s’est traduite par des sessions de formation organisées les 4 et 5 avril à Fès, sous la conduite du coach international Rodolphe Loctin. Prise de parole en public, structuration de l’argumentation, gestion de la voix, confiance en soi : autant de compétences travaillées avec exigence, et dont les effets se sont nettement lus sur scène.

La performance de Rayane Ahmed Belkasmi et de Roa Abzi rend aussi justice au travail patient qui précède toujours l’aisance apparente. Dans ce type d’exercice, rien n’est improvisé au sens facile du terme. Il faut apprendre à penser vite sans céder à la précipitation, à défendre une idée sans caricaturer l’adversaire, à émouvoir sans surjouer. Les deux élèves du groupe scolaire Aljabr et Géométrie ont donné l’image de candidats solides, préparés, capables de tenir une ligne, de nuancer une position et de faire entendre une voix personnelle. Leur qualification, aux côtés de deux élèves du Lycée d’Excellence de Benguérir, dessine ainsi une équipe marocaine prometteuse pour la finale de Lyon.

La demi-finale de Fès s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités institutionnelles, parmi lesquelles la Consule générale de France, également directrice de l’Institut français de Fès, ainsi que le directeur de la Direction provinciale de Fès. Leur présence a donné à l’événement une portée particulière, en rappelant que la promotion de la langue française, de l’argumentation et de l’ouverture interculturelle relève aussi d’un engagement partagé entre les mondes éducatif, culturel et institutionnel. Dans la salle, cette articulation entre excellence scolaire, exigence intellectuelle et dialogue des cultures a trouvé une traduction concrète dans les prestations des candidats.

Le groupe scolaire Aljabr et Géométrie peut, à juste titre, mesurer l’ampleur de ce résultat. Voir deux de ses élèves accéder à la finale internationale d’un concours de cette nature n’a rien d’anodin. L’établissement portera en France une part de l’image de Fès et de la région Fès-Meknès, à travers deux jeunes orateurs qui ont déjà montré leur capacité à allier maîtrise, engagement et discernement. Cette qualification consacre aussi un cadre éducatif qui accorde sa place à la parole, à la culture du débat et à la formation de l’esprit critique.

Il reste désormais à transformer l’essai à Lyon. Mais quelle que soit l’issue de la finale du 15 juin, une étape importante a déjà été franchie. À Fès, deux élèves ont rappelé, avec calme et talent, que l’éloquence n’est ni un art d’apparat ni un simple exercice scolaire : elle peut être une école de pensée, de confiance et de responsabilité. C’est sans doute là, déjà, une victoire durable.