CREDIF & LADSIS : à Casablanca, les 27 et 28 mars, un congrès international pour repenser la transmission des savoirs par le jeu
Hicham TOUATI
À Casablanca, les 27 et 28 mars, la réflexion académique prend les contours d’un dialogue international où le jeu devient un prisme d’analyse des transformations éducatives contemporaines. À l’initiative conjointe des laboratoires CREDIF, LADSIS et le PLIDAM de l'INALCO-France, ce congrès réunit chercheurs et praticiens autour d’une interrogation centrale : comment la ludification, portée par le numérique, redéfinit-elle les modes de transmission des savoirs, entre innovation pédagogique, enjeux culturels et mutations linguistiques ?
Au cœur de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Aïn Chock de Casablanca, les 27 et 28 mars 2026, se tiendra la première édition du Congrès international « Langages, Cultures et Transmission », une initiative conjointe qui illustre avec éclat la vitalité de la coopération académique entre institutions marocaines et européennes. Porté notamment par les laboratoires LADSIS, relevant de l’Université Hassan II de Casablanca, le laboratoire CREDIF, affilié à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès et le PLIDAM de l'INALCO-France, cet événement s’annonce d’emblée comme un espace de dialogue scientifique où se croiseront regards, disciplines et horizons culturels, comme en témoigne le programme officiel du colloque .
Cette exemplaire collaboration interuniversitaire, nationale et internationale, loin d’être purement formelle, témoigne d’une volonté affirmée de mutualiser les expertises et de structurer une recherche marocaine ouverte sur le monde. Elle traduit également une dynamique de décloisonnement des savoirs, en favorisant des passerelles entre les sciences du langage, les études culturelles et les sciences de l’éducation. À travers cette synergie, les deux universités marocaines, à travers les deux laboratoires, CREDIF et LADSIS, entendent réaffirmer leur rôle moteur dans la production de connaissances à forte valeur sociétale. Afin de pérenniser cet événement en lui donnant une forte dimension institutionnelle, une convention de partenariat sera signée par les directeurs des deux laboratoires organisateurs lors de la cérémonie d’ouverture.
Le choix du thème, « Jeu et ludification à l’ère du numérique : enjeux culturels, sociolinguistiques et didactiques », s’inscrit dans une actualité scientifique particulièrement vive. À mesure que les technologies numériques investissent les espaces éducatifs et sociaux, le jeu tend à s’imposer comme un levier stratégique pour repenser les modalités d’apprentissage, d’engagement des apprenants et de transmission des savoirs. Le programme du congrès, tel que détaillé dans les documents officiels, confirme cette orientation : dès la séance plénière qui inaugure cet événement, les interventions devraient revisiter et interroger les politiques éducatives, les stratégies institutionnelles et les défis contemporains liés à l’intégration du jeu dans les systèmes de formation.
Au fil des sessions, la richesse des axes abordés devrait révéler l’ampleur des questionnements. Le jeu y sera tour à tour envisagé comme vecteur de médiation culturelle, outil de construction identitaire, instrument didactique dans l’enseignement des langues, ou encore comme dispositif d’innovation pédagogique. Des analyses croisées devraient explorer son rôle dans les environnements numériques, les réseaux sociaux, les jeux vidéo ou encore les pratiques éducatives hybrides. Les contributions, telles qu’annoncées dans le programme du congrès, devraient mettre en lumière des enjeux aussi variés que la motivation des apprenants, la performance linguistique, les dynamiques de pouvoir dans les espaces numériques ou les transformations des récits culturels contemporains .
L’une des singularités majeures de ce congrès réside dans la pluralité linguistique qui structurera ses échanges. Les sessions se déclineront en français et en anglais, auxquelles s’ajouteront des communications en espagnol, traduisant une volonté d’ouverture et d’internationalisation assumée, explicitement mentionnée dans le programme officiel . Ce choix, loin d’être anodin, devrait permettre d’élargir l’audience scientifique, de favoriser la circulation des idées au-delà des frontières linguistiques et de renforcer l’attractivité du Maroc comme espace de production académique multilingue. Il contribuera également à inscrire les travaux présentés dans des réseaux de recherche globaux, où la diversité linguistique s’affirme comme une richesse épistémologique.
La présence attendue d’intervenants issus d’universités marocaines, européennes et internationales, ainsi que l’implication de chercheurs confirmés et de doctorants, conférera à ce rendez-vous une dimension intergénérationnelle et interculturelle. Là encore, le programme du colloque met en évidence cette féconde diversité des profils et des affiliations, gage d’un dialogue scientifique riche et pluriel .
À l’issue de ces deux journées annoncées, riches en échanges et en confrontations d’idées, ce congrès devrait contribuer à structurer une réflexion renouvelée sur les formes contemporaines de la transmission des savoirs. En plaçant le jeu au cœur des débats, ses initiateurs entendent ouvrir des perspectives durables, tant sur le plan pédagogique que scientifique, et inscrire la recherche scientifique marocaine dans des dynamiques internationales en pleine mutation. Reste à savoir dans quelle mesure ces échanges sauront se traduire et se décliner, à terme, en pratiques concrètes, capables d’accompagner les profondes transformations éducatives à l’ère du numérique.
Source:
programme2026vf copy.pdf
















