‏Quinze étudiants français mènent une mission humanitaire dans la province de Taounate

‏Quinze étudiants français mènent une mission humanitaire dans la province de Taounate

Universitatv 

Venus des campus de Brive-la-Gaillarde et d’Aix-en-Provence, quinze étudiants et leurs cinq enseignants ont conduit une opération de solidarité dans la commune rurale de Zrizer, au sud de la province de Taounate. Du 8 au 19 avril 2026, ils ont œuvré à la rénovation de l’école Bab El Hamra dans le douar de Sad Sahla tout en partageant avec les enfants des moments de joie et de transmission.

Dans la province de Taounate au sein de la commune de Zrizer se trouve le douar de Sad Sahla. C’est là que l’école Bab El Hamra a connu durant douze jours une transformation discrète mais profonde. Huit étudiants de l’IUT GEA de Brive-la-Gaillarde et sept étudiants d’Aix-en-Provence ont troqué leurs cahiers pour des pinceaux et des truelles sous la conduite de cinq enseignants. Leur ambition tenait en une promesse simple : améliorer concrètement et durablement les conditions d’apprentissage des écoliers de cette zone rurale.

La solidarité s’est manifestée dès les premiers instants avec une distribution de cartables organisée dans six écoles de la zone sous l’égide du professeur Abdessalam El Khanchoufi président de l’Association Mtioua pour l’Environnement et le Développement Durable et de Bouchta Touil directeur de l’école Bab El Hamra. Chaque cartable contenait bien plus que des fournitures. Un doudou pour la douceur, des vêtements adaptés à la taille de chaque enfant et des articles destinés aux parents ou à la fratrie accompagnaient le nécessaire scolaire. Cette dotation individuelle complétée par du matériel à usage collectif a été reçue avec un enthousiasme qui a immédiatement créé un climat de confiance et de complicité.

Très vite une alchimie particulière a uni les jeunes Français et les enfants de Sad Sahla. Les travaux de rénovation alternaient avec des ateliers de tressage, des matchs de football improvisés et des séances de sensibilisation éducative. Cette rencontre entre l’effort physique du chantier et la légèreté des jeux partagés a conféré à la mission sa véritable dimension humaine.

La métamorphose de l’école Bab El Hamra constitue l’héritage le plus visible de ce séjour. Trois salles de classe ont été entièrement rénovées. Après la réalisation d’une chape et la pose minutieuse du carrelage puis le ponçage des murs, les étudiants et les artisans locaux ont appliqué des teintes franches et apaisantes. Le bleu profond voisine désormais avec le rose tendre, le violet et le blanc pour offrir aux élèves un cadre moins austère et plus accueillant. Les fenêtres vétustes ont toutes été remplacées et sécurisées par des grilles de protection.

À l’extérieur les améliorations se font plus discrètes mais tout aussi déterminantes. Une allée de gravier relie désormais les sanitaires à la cour principale et épargne aux enfants les jours de boue. Un composteur et un conteneur de tri ont été installés pour sensibiliser les élèves à la gestion des déchets et à la préservation de leur environnement immédiat.

L’eau potable incarne peut-être le progrès le plus tangible de cette opération. Pour la première fois depuis son existence, l’école de Sad Sahla est raccordée à une fontaine grâce à la pose de quatre cents mètres de tuyaux. Un nouveau lavabo alimenté en eau courante change radicalement l’hygiène quotidienne de l’établissement. Enfin pour unifier l’ensemble architectural et apaiser le regard, tous les murs d’enceinte ont été blanchis à la chaux. L’enduit clair confère au lieu une harmonie visuelle inédite et une dignité nouvelle.

Les conditions météorologiques parfois éprouvantes n’ont jamais entamé l’entraide entre les artisans marocains et la jeunesse française. Pluies abondantes, rafales de vent ou soleil ardent ont rythmé des journées de travail menées dans un esprit de bonne humeur et de respect mutuel. Cette quinzaine restera dans les mémoires non comme une parenthèse caritative mais comme un échange authentique où la sueur versée valait bien les cartables offerts.

Alors que l’équipe s’apprête à regagner la France, les murs de l’école Bab El Hamra affichent des couleurs plus joyeuses et le murmure de l’eau courante y annonce des jours meilleurs. Mais derrière les grilles neuves et les sols carrelés demeure une question suspendue au regard des enfants de Sad Sahla. L’éducation est un chantier sans fin. Si cette mission éphémère a su poser quelques fondations solides dans ce village de la province de Taounate, elle rappelle surtout que la plus belle des rénovations est celle qui se prolonge dans la mémoire de ceux qui ont vu leur horizon s’éclaircir. Reste à espérer que l’élan porté par ces quinze étudiants en inspirera d’autres ailleurs à franchir le pas.