Fès-Meknès au sommet du Défi de la lecture arabe

Fès-Meknès au sommet du Défi de la lecture arabe

Hicham TOUATI 

Il est des victoires scolaires qui dépassent le cadre d’un palmarès. En remportant la première place nationale dans la catégorie de l’« établissement distingué » lors de la dixième édition du Défi de la lecture arabe, le lycée qualifiant Moulay Driss de Fès n’a pas seulement offert à l’Académie régionale d’éducation et de formation Fès-Meknès un motif de fierté. Il a rappelé, avec éclat, que la lecture demeure l’un des chemins les plus sûrs vers l’excellence, l’émancipation intellectuelle et la construction d’une jeunesse capable de comprendre le monde avant de prétendre le transformer.

Le sacre du lycée Moulay Driss, annoncé à Rabat lors de la cérémonie de clôture de la compétition nationale, s’inscrit dans une dynamique plus large portée par l’école marocaine autour du livre, de la langue arabe et du goût de l’effort. Cette édition a connu, au Maroc, une participation d’ampleur exceptionnelle, avec plus de sept millions d’élèves issus de plus de 17.000 établissements scolaires et annexes. Une progression qui confirme l’ancrage progressif de cette initiative dans la vie scolaire du Royaume et la place grandissante qu’occupe la lecture dans les projets éducatifs.

À l’échelle de la région Fès-Meknès, les résultats obtenus donnent la mesure d’un travail patient, mené dans les classes, les bibliothèques, les clubs de lecture et les espaces d’accompagnement pédagogique. Le lycée qualifiant Moulay Driss, relevant de la Direction provinciale de Fès, a hissé haut les couleurs de l’Académie en s’adjugeant la première place nationale dans la catégorie de l’établissement distingué. À ses côtés, d’autres élèves de la région se sont illustrés : Marwa Ghazwani, du lycée qualifiant Imam Châtibi à Taounate, a obtenu la deuxième place nationale dans la catégorie des élèves en situation de handicap ; Mohamed Ettouchi, du groupe scolaire Belkacemat à Boulemane, s’est classé septième au niveau national ; tandis que Mariam Zine El Abidine, du collège Sakhr à Ifrane, a décroché la neuvième place nationale.

Ces performances ne sont pas de simples distinctions individuelles. Elles racontent une école qui cherche à réconcilier l’élève avec le livre, non comme obligation scolaire, mais comme espace de liberté, de découverte et de confiance en soi. Lire, dans ce contexte, ne consiste pas seulement à accumuler des pages ou à résumer des ouvrages. C’est apprendre à écouter une pensée, à ordonner ses idées, à enrichir sa langue, à défendre un point de vue, à se mesurer à la complexité. Le Défi de la lecture arabe repose d’ailleurs sur une progression exigeante : les élèves lisent, résument et franchissent plusieurs étapes, jusqu’à atteindre cinquante livres pour les catégories principales.

L’importance de cette compétition tient aussi à sa capacité à transformer la lecture en projet collectif. L’élève n’avance pas seul. Il est accompagné par ses enseignants, encouragé par son établissement, soutenu par sa famille et porté par une dynamique institutionnelle. C’est précisément cette alliance entre l’école, l’encadrement pédagogique et l’environnement familial qui permet de faire de la lecture une habitude durable. Les clubs de lecture, les bibliothèques scolaires, les ateliers de résumé, les débats autour des ouvrages, les rencontres avec des auteurs, les concours d’expression orale et les activités de journalisme scolaire constituent autant de portes d’entrée vers le livre. Chaque méthode compte, pourvu qu’elle donne à l’élève le sentiment que lire n’est pas une sanction, mais une conquête.

Dans cette perspective, les messages de félicitations adressés par le directeur de l’Académie régionale d’éducation et de formation Fès-Meknès aux lauréats prennent une signification particulière. En saluant l’équipe du lycée qualifiant Moulay Driss pour son couronnement national, ainsi que Marwa Ghazwani, Mohamed Ettouchi et Mariam Zine El Abidine pour leurs classements remarquables, l’institution régionale ne se limite pas à célébrer des résultats. Elle consacre un modèle d’encouragement qui valorise l’effort, reconnaît le mérite et donne aux élèves le sentiment que leur réussite est regardée, accompagnée et honorée.

Le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports présente cette compétition comme une action destinée à enraciner la culture de la lecture chez les jeunes, à développer leurs compétences linguistiques et expressives, ainsi qu’à renforcer leurs capacités d’analyse et de compréhension. La phase finale nationale s’est tenue à Rabat du 2 au 5 mai 2026, avec la participation d’élèves représentant les différentes académies régionales du Royaume.

Au-delà du Maroc, le Défi de la lecture arabe a pris une dimension considérable. Sa dixième édition a réuni plus de 40 millions d’élèves issus de 60 pays, avec la participation de plus de 138.000 établissements et de plus de 161.000 encadrants. Depuis son lancement, cette initiative s’est imposée comme l’un des plus vastes programmes de promotion de la lecture dans le monde arabe, en plaçant le livre au cœur d’un projet éducatif, culturel et civilisationnel.

C’est dire que le triomphe du lycée Moulay Driss n’est pas un événement isolé. Il intervient dans un mouvement éducatif plus vaste, où la lecture redevient un enjeu de formation, de citoyenneté et d’égalité des chances. Dans une époque dominée par l’image rapide, les écrans et l’information fragmentée, apprendre à lire longuement, patiemment, intelligemment, devient presque un acte de résistance. C’est aussi une manière d’armer les élèves contre la confusion, la superficialité et la dépendance aux contenus instantanés.

La région Fès-Meknès peut ainsi regarder cette édition avec fierté, mais aussi avec responsabilité. Les distinctions obtenues par ses élèves et ses établissements montrent que le potentiel existe, que les talents sont nombreux et que les efforts d’encadrement produisent des résultats tangibles. Il reste désormais à prolonger cet élan dans les établissements, à faire de chaque bibliothèque scolaire un lieu vivant, de chaque classe un espace de curiosité, de chaque concours une occasion de faire aimer le livre au-delà de la compétition.

Car la plus belle victoire du Défi de la lecture arabe ne se mesure pas seulement au rang obtenu sur un podium. Elle se reconnaît dans l’élève qui, après la cérémonie, continue d’ouvrir un livre ; dans l’enseignant qui trouve une nouvelle manière de transmettre le goût des mots ; dans l’établissement qui fait de la lecture une culture partagée. Le lycée Moulay Driss de Fès vient d’inscrire son nom dans le palmarès national. Il appartient désormais à toute la communauté éducative de faire en sorte que cette consécration devienne non pas un point d’arrivée, mais le début d’un nouveau chapitre.

Sources utilisées :

Données communiquées sur les lauréats de l’AREF Fès-Meknès : lycée qualifiant Moulay Driss de Fès, Marwa Ghazwani, Mohamed Ettouchi et Mariam Zine El Abidine.

Ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports : lancement de la phase finale nationale du Défi de la lecture arabe, organisée à Rabat du 2 au 5 mai 2026.  

SNRTnews : chiffres de la participation marocaine à la dixième édition, avec plus de sept millions d’élèves et plus de 17.000 établissements scolaires et annexes.  
Site officiel du Défi de la lecture arabe : mécanisme de participation, étapes de lecture et principe des passeports de lecture.  

Dubai Media Office : chiffres internationaux de la dixième édition, avec 40.286.428 élèves issus de 60 pays, 138.426 écoles et 161.507 encadrants.