À l’école de la sensibilité : quand l’art devient le cœur battant de l’éducation

À l’école de la sensibilité : quand l’art devient le cœur battant de l’éducation

Hicham TOUATI

Dans une époque où l’école est souvent réduite à une arène de performances chiffrées et de compétences strictement académiques, l’Académie Régionale d’Éducation et de Formation de Fès-Meknès s’illustre par une initiative aussi audacieuse que salutaire : replacer l’humain au centre de l’acte éducatif. En organisant récemment, au Centre d’Épanouissement Princesse Lalla Khadija à Taza, un atelier de renforcement des capacités à l’intention des directrices et directeurs des centres d’épanouissement artistique et littéraire ainsi que des coordinateurs de la vie scolaire, l’AREF inscrit sa démarche dans une vision résolument humaniste et créative de l’éducation.

Animée par la directrice exécutive de la Fondation « Tamkine » et en présence de figures clés du paysage éducatif régional, cette rencontre a porté une ambition claire : redonner à l’art, à la culture et à la sensibilité leur place légitime dans la construction de l’élève en tant qu’individu et citoyen. Le directeur de l’AREF a, à cet égard, rappelé que ces centres d’épanouissement ne sont pas de simples structures annexes, mais de véritables leviers de transformation pédagogique, des laboratoires vivants où l’imaginaire, la liberté d’expression et l’esprit critique s’épanouissent.

En soulignant l’importance d’une synergie renouvelée entre les divers acteurs éducatifs, l’atelier a permis d’ouvrir un espace de dialogue sur les meilleures pratiques, les défis quotidiens et les outils de gestion susceptibles d’élever l’action de ces centres à la hauteur des aspirations de la réforme éducative nationale. Plus qu’un échange de savoir-faire, cette initiative incarne une reconnaissance institutionnelle du rôle formateur de l’art dans l’éducation, tout en répondant aux exigences contemporaines d’une école qui éduque autant qu’elle élève.

Dans un monde en perpétuelle mutation, où les repères se déplacent et où l’intelligence émotionnelle devient aussi cruciale que la compétence technique, cette dynamique impulsée à Taza éclaire une voie possible pour l’école marocaine : celle d’une éducation qui ose conjuguer l’exigence de l’instruction à la douceur de la création, et le savoir à la sensibilité. Il ne s’agit plus seulement de former des élèves capables de réussir des examens, mais de forger des êtres humains pleinement éveillés, habités d’une conscience esthétique, sociale et citoyenne.

En misant sur les centres d’épanouissement artistique et littéraire, l’AREF de Fès-Meknès rappelle à chacun que l’école peut, et doit, être un espace de vie, d’ouverture et de beauté. Une école où le chant, le théâtre, la peinture et la poésie deviennent des langages aussi légitimes que ceux des mathématiques et des sciences. Une école enfin, qui ose croire que l’imaginaire n’est pas un luxe, mais une condition de l’intelligence et de la liberté.