Mohamed Aouaj à la tête de l’AREF Rabat-Salé-Kénitra : une nomination stratégique pour un défi de taille
Hicham TOUATI
Dans un contexte où l’éducation nationale demeure un levier fondamental du développement, la nomination de Mohamed Aouaj à la direction de l’Académie Régionale de l’Éducation et de la Formation (AREF) de Rabat-Salé-Kénitra s’inscrit dans une dynamique de renforcement des compétences à la tête des institutions éducatives. Actée par le Conseil de gouvernement en vertu de l’article 92 de la Constitution, cette désignation traduit une volonté affirmée d’insuffler un nouvel élan à l’administration régionale de l’éducation. Ce choix ne doit rien au hasard : fort d’une carrière jalonnée de responsabilités de premier plan, Mohamed Aouaj incarne l’expérience, la rigueur et la vision stratégique indispensables pour relever les défis du système éducatif dans une région aussi stratégique que celle de la capitale.
Loin d’être un novice dans le domaine, il s’est imposé comme une figure incontournable de la gestion éducative. Son parcours débute dans l’inspection et le pilotage du planning pédagogique, un domaine où il a rapidement démontré une capacité à analyser les besoins du système et à proposer des réformes adaptées. Son ascension vers des postes à responsabilités le conduit successivement à diriger l’AREF de Taza-Al Hoceima-Taounate, puis à occuper des fonctions stratégiques au sein du ministère de l’Éducation nationale, notamment en tant que directeur de l’AREF de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. À chaque étape, il a su faire preuve d’un leadership éclairé, conjuguant vision prospective et pragmatisme dans la mise en œuvre des politiques éducatives. Son expertise dans la coopération internationale et le développement de partenariats éducatifs lui a permis de tisser des alliances solides avec divers acteurs institutionnels, offrant ainsi des perspectives de modernisation et d’ouverture à l’éducation marocaine.
Son arrivée à la tête de l’AREF Rabat-Salé-Kénitra intervient à un moment où le système éducatif national fait face à des défis de grande ampleur. La région, qui concentre des établissements de prestige mais aussi des zones vulnérables, illustre les inégalités persistantes dans l’accès à une éducation de qualité. L’amélioration des infrastructures scolaires, la modernisation des programmes et la professionnalisation des enseignants figurent parmi les priorités qui attendent le nouveau directeur. Plus que jamais, il devra engager des actions concrètes pour assurer l’équité des chances entre les différentes catégories sociales, tout en répondant aux exigences croissantes du marché du travail en matière de formation et de compétences.
L’une des attentes majeures réside dans sa capacité à favoriser une gouvernance éducative fondée sur la transparence et l’efficacité. Le renforcement des dispositifs d’évaluation, l’intégration des nouvelles technologies dans l’enseignement et l’accompagnement des enseignants dans leur montée en compétences s’imposent comme des chantiers incontournables. En outre, la question de l’enseignement préscolaire, pierre angulaire de toute réforme éducative durable, nécessitera une attention particulière afin de garantir à chaque enfant un accès précoce aux apprentissages fondamentaux.
La mission qui l’attend est ambitieuse, mais elle s’appuie sur une expérience éprouvée et une détermination indéniable. À travers son approche méthodique et sa connaissance fine des rouages de l’administration éducative, Mohamed Aouaj dispose des atouts nécessaires pour redéfinir les contours d’une académie performante et innovante. Il lui reviendra de mobiliser l’ensemble des acteurs éducatifs – enseignants, parents, collectivités et partenaires économiques – afin de bâtir un modèle éducatif où l’excellence ne serait plus un privilège, mais une réalité accessible à tous.
Dans un Maroc en quête d’un enseignement à la hauteur de ses ambitions de développement, l’AREF de Rabat-Salé-Kénitra constitue un laboratoire stratégique de cette transformation. Sous l’impulsion de son nouveau directeur, elle a l’opportunité d’incarner le renouveau éducatif et d’asseoir sa position de référence en matière de qualité pédagogique et d’innovation institutionnelle. Seul l’avenir dira si cet élan sera couronné de succès, mais tout porte à croire que cette nomination marque un tournant décisif dans la conduite des réformes éducatives au niveau régional.