À Fès , la France célèbre sa fête nationale dans l’esprit du renouveau et du dialogue
Hicham TOUATI
En ce 14 juillet 2025, le Consulat général de France à Fès a convié, dans les jardins de la résidence consulaire, une assemblée choisie pour célébrer la fête nationale française avec solennité et chaleur. Une réception où le symbole républicain se mêlait à l’éclat d’une relation bilatérale renouvelée, dans une ville au riche passé, devenue aujourd’hui l’un des carrefours de la diplomatie culturelle et éducative franco-marocaine.
La Consule générale de France à Fès, dans un discours empreint d’émotion contenue et de lucidité diplomatique, a accueilli les hautes autorités marocaines, parmi lesquelles le Wali de la région Fès-Meknès, les Gouverneurs, le Président de la région, les représentants militaires et civils, ainsi que les élus consulaires français et les membres de la communauté française. Une audience à la hauteur de l’événement, reflet du soin apporté à cette célébration comme moment de reconnaissance mutuelle et de projection partagée.
Le 14 juillet, a rappelé la Consule, n’est pas qu’un simple jalon calendaire. C’est « un moment de rassemblement », une date où se condensent les valeurs cardinales de la République française : Liberté, Égalité, Fraternité, dans leur portée universelle. Loin d’une commémoration figée, cette fête a été présentée comme l’occasion d’un renouvellement du pacte républicain, ici réaffirmé dans un contexte de transformation diplomatique et institutionnelle.
Depuis le début de l’année, le nouveau site réunissant le Consulat général et l’Institut français de Fès incarne cette dynamique de clarté et d’unité. Cette cohabitation symbolique, mais aussi fonctionnelle ,entre diplomatie et culture, entre administration et création, s’impose comme un modèle d’action publique à l’étranger. « Ce site sera ce que nous en ferons collectivement », a lancé la Consule, appelant à investir ce lieu comme un laboratoire d’idées, un espace d’écoute et de coopération.
L’inauguration officielle de cette structure, en avril dernier, par l’Ambassadeur de France au Maroc, a marqué une étape dans l’évolution de la présence française dans la région. Ce nouveau visage institutionnel s’inscrit dans une volonté claire : faire vivre un lien franco-marocain renouvelé, à la fois ancré dans l’histoire et ouvert sur les défis contemporains.
À cet égard, la Consule a rappelé l’importance de la visite d’État du Président Emmanuel Macron en octobre 2024, à l’invitation de Sa Majesté Mohammed VI, qui a scellé un « partenariat d’exception renforcé » entre les deux pays. Une impulsion politique qui trouve des déclinaisons concrètes à travers des coopérations intensifiées dans des domaines aussi stratégiques que la santé, la gestion de l’eau, l’agriculture durable, les énergies renouvelables, la sécurité, l’intelligence artificielle ou encore les industries culturelles et créatives. La perspective de la Coupe du monde 2030 et l’héritage des Jeux olympiques de Paris 2024 donnent une portée encore plus tangible à ces synergies.
La Consule a tenu à saluer l’ensemble des partenaires marocains: institutions, autorités locales, associations, pour leur disponibilité et leur esprit de collaboration, soulignant que leur soutien permet au quotidien la mise en œuvre de projets communs, qu’il s’agisse d’accompagner un ressortissant français, de développer une action culturelle ou de faire vivre le dialogue éducatif et scientifique. Ce lien de confiance, a-t-elle insisté, fonde la qualité et la profondeur de la relation bilatérale.
Fès, a-t-elle poursuivi, n’est pas une ville comme les autres pour la France. Elle est un « lieu de mémoire, de lien, d’échange », traversé par des générations d’intellectuels, d’artistes, d’universitaires et de diplomates. Ce patrimoine vivant s’inscrit désormais dans une volonté de co-construction d’un avenir commun, avec, pour fil rouge, la promotion de la jeunesse, du savoir et de la création.
La soirée s’est ensuite poursuivie par une exposition photographique intitulée Ralentir, signée des photographes Brahim Benkirane et Alexandre Chaplier, offrant un regard poétique sur les routes oubliées du Maroc. Une installation artistique visible plusieurs jours encore sur le parvis de l’Institut français. Une soirée musicale a ensuite animé les jardins, dans une atmosphère de partage franco-marocaine, où les saveurs des cuisines des deux rives sont venues ponctuer les échanges.
Dans ce moment de célébration, la République française a ainsi affirmé, à Fès, son attachement à ses valeurs, mais aussi sa volonté de faire de sa présence au Maroc un levier de coopération d’avenir, fondé sur l’écoute, la confiance et la réciprocité. Une célébration sobre, mais profondément signifiante, qui marquera sans doute une étape dans la redéfinition d’une diplomatie de proximité, humaine et exigeante.














