Passerelles : une nouvelle ère pour l’école publique à Fès Meknès
Hicham TOUATI
Depuis sa nomination à la tête de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation (AREF) de Fès-Meknès, le 25 décembre 2023, Fouad ROUADI impulse une dynamique nouvelle, ambitieuse et profondément transformatrice. Dernière en date : le lancement du programme « Passerelles », une initiative audacieuse visant à renforcer les liens entre l’école publique et son écosystème social, économique et associatif. À l’heure où le Maroc aspire à refonder son modèle éducatif, cette démarche résonne comme un jalon décisif vers une école publique plus ouverte, équitable et performante.
« Nous sommes à un tournant historique. Pour la première fois, la transformation de l’école publique marocaine ne se limite pas à des ajustements de surface », affirme d’un ton résolu Fouad ROUADI , directeur de l’AREF Fès-Meknès, lors de l’ouverture officielle du programme Passerelles. Derrière cette déclaration, une vision assumée : faire de l’école un espace vivant, connecté à son environnement, fondé sur des interactions soutenues entre les acteurs éducatifs, les familles et les partenaires du territoire.
Lancée dans un contexte d’intensification des réformes éducatives nationales, l’initiative « Passerelles » s’inscrit dans une volonté de structurer des passerelles pérennes entre les établissements scolaires et les associations de parents d’élèves, les fédérations locales, les conseils de gestion, ainsi que les représentants de la société civile et du secteur privé. Elle ambitionne de faire de l’école non plus un sanctuaire fermé, mais un lieu de co-construction et d’engagement partagé.
Parmi les objectifs phares du programme figurent la mise en place d’un dialogue institutionnalisé entre administrations scolaires et familles, la valorisation du rôle des parents dans la gouvernance éducative, la stimulation de l’innovation par l’implication communautaire, ainsi que la lutte active contre le décrochage scolaire à travers une mobilisation collective. « Impliquer les familles, c’est semer les graines de la réussite », souligne le directeur de l’académie, convaincu que la réussite scolaire ne peut être dissociée d’un environnement social favorable.
Cette initiative vient couronner une série d’actions marquantes engagées par l’AREF sous la houlette de M. ROUADI. Citons, entre autres, la mobilisation réussie de ressources locales permettant, en un temps record, le rétablissement du temps scolaire complet pour des milliers d’élèves dans la préfecture de Fès — des enfants auparavant privés d’un tiers de leur temps d’apprentissage hebdomadaire. « En huit semaines, grâce à l’ouverture des associations de parents sur les acteurs économiques, nous avons mis en œuvre des solutions qui semblaient, quelques mois plus tôt, impossibles à imaginer », affirme-t-il non sans fierté.
Au cœur de cette dynamique, les « Écoles et Collèges pionniers incarnent le modèle vers lequel tend l’ensemble du système. Là où, auparavant, les taux de maîtrise des apprentissages stagnaient entre 25 et 30 %, ils dépassent aujourd’hui les 75 %. Une progression spectaculaire que le directeur attribue à « un changement de paradigme profond : méthodes renouvelées, implication active des équipes éducatives, et surtout, un lien régénéré entre l’école et son environnement. Le modèle de la médiocrité scolaire est derrière nous. »
Loin d’être une démarche isolée, « Passerelles » cristallise une nouvelle philosophie de l’action publique en matière d’éducation : participative, territorialisée, et orientée vers la performance collective. À travers ce programme, l’AREF de Fès-Meknès s’affirme ainsi comme un laboratoire d’expérimentation et d’excellence, résolument tourné vers l’avenir.
Alors que les écoles marocaines s’emploient à répondre aux défis d’un monde en mutation rapide, l’expérience menée dans la région de Fès-Meknès rappelle que la transformation éducative ne peut réussir sans la réconciliation entre l’école, la famille et la communauté. Une réconciliation que « Passerelles » entend bâtir pierre après pierre, en tissant les liens d’une confiance nouvelle.











