Guigo : Le Cri des Innocentes , l’Heure de la Justice

Guigo : Le Cri des Innocentes , l’Heure de la Justice

Hicham TOUATI

L’indignation collective face à l’horreur qui s’est abattue sur Guigo, dans la province de Boulemane, n’est pas seulement légitime : elle est un cri de révolte contre l’impunité, un sursaut moral face à l’inacceptable. L’agression sexuelle systématique dont ont été victimes plusieurs jeunes filles, dans un contexte d’abus de pouvoir et de prédation organisée, révèle l’ampleur d’un fléau trop longtemps minimisé, trop souvent étouffé sous le poids du silence et de la peur.

Ces crimes ne sont pas de simples faits divers sordides. Ils sont le symptôme d’un mal plus profond, d’une faillite sociale où l’innocence des plus vulnérables est livrée en pâture à des monstres se croyant au-dessus des lois. Le scandale qui éclate aujourd’hui n’est pas un cas isolé ; il est le reflet d’une réalité insoutenable qui gangrène notre société : celle d’un système où les victimes sont contraintes au mutisme tandis que les bourreaux, parfois dotés d’influence et de moyens, espèrent échapper à la justice.

Mais cette fois, il ne peut y avoir ni compromission ni oubli. L’opinion publique est en droit d’exiger la vérité, toute la vérité. La justice doit agir avec la plus grande rigueur, sans faiblesse ni concession. Aucun privilège, aucune pression politique ou financière ne doit entraver le cours de l’enquête. Chaque individu impliqué, quelle que soit sa position sociale, doit répondre de ses actes avec la sévérité qu’exige un crime d’une telle barbarie. Laisser ces criminels impunis reviendrait à trahir les victimes, à légitimer l’injustice et à encourager d’autres atrocités.

Mais la responsabilité ne repose pas uniquement sur les épaules du système judiciaire. Elle est collective. Elle engage les familles, appelées à rompre avec la loi du silence et à soutenir les victimes au lieu de les accabler sous le poids du déshonneur. Elle interpelle les institutions éducatives, qui doivent redoubler de vigilance pour protéger leurs élèves. Elle exige des médias qu’ils continuent de dénoncer ces crimes sans relâche, sans céder aux pressions ou aux stratégies d’oubli. Elle interpelle, enfin, la société dans son ensemble, pour qu’elle cesse de détourner le regard et comprenne que la honte n’est pas du côté des victimes, mais bien du côté des prédateurs et de ceux qui les protègent.

Au-delà du choc et de l’émotion, cette affaire doit être un tournant. Il est temps d’ériger une véritable barrière légale et sociale contre ces actes abjects. Il est temps de criminaliser l’exploitation des mineures avec des peines exemplaires, de renforcer les mécanismes de protection et d’assistance aux victimes, et d’instaurer une culture du signalement où chaque citoyen se sent investi du devoir de dénoncer de telles atrocités.

La justice ne saurait être une faveur accordée aux victimes. Elle est un droit inaliénable, une exigence absolue. Et aujourd’hui, plus que jamais, elle doit se montrer inflexible.