AREF Fès Meknès , fer de lance national contre le décrochage scolaire

AREF Fès Meknès , fer de lance national contre le décrochage scolaire

Hicham TOUATI 

Alors que le ministère de l’Éducation nationale place la lutte contre le décrochage scolaire au cœur de sa réforme éducative, l’Académie régionale de Fès-Meknès s’impose comme un laboratoire exemplaire. Le Forum régional des centres de la deuxième chance, nouvelle génération, tenu le 1er juillet à Fès, a confirmé l’engagement déterminé de cette région à enrayer ce fléau qui fragilise les fondements même de la société marocaine.

Sous l’impulsion du ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement préscolaire et des Sports, Mohammed Saad BERRADA, la question du décrochage scolaire ne relève plus d’un simple impératif social, mais d’un enjeu stratégique. Le ministre appelle à une intensification sans précédent de l’offre en éducation non formelle, en renforçant les moyens des associations, en multipliant les places disponibles et en augmentant significativement le nombre d’élèves bénéficiaires dès la rentrée prochaine 2025/2026.

Dans cet élan national, l’Académie régionale de Fès-Meknès fait figure de précurseur. Son directeur, le Dr Fouad ROUADI, n’a pas hésité à rappeler que la lutte contre le décrochage constitue l’un des trois piliers majeurs de la feuille de route éducative du Royaume. « Ce forum est un rendez-vous annuel essentiel, un temps de réflexion et de bilan, mais surtout un moment de projection vers des solutions concrètes », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité d’élaborer des mécanismes efficaces en partenariat avec les institutions, le ministère public et les acteurs de la société civile.

Les résultats parlent d’eux-mêmes : alors que la feuille de route nationale vise une réduction d’un tiers du taux de décrochage scolaire, la région Fès-Meknès enregistre déjà une baisse de 50 %. Une performance saluée par les observateurs et attribuée, en grande partie, à l’implantation des collèges pionniers et à l’adoption de pratiques pédagogiques innovantes dans les écoles primaires. « Nous avons misé sur un accompagnement intensif, un enseignement adapté, et la réintégration de l’élève au cœur du projet éducatif », a souligné le directeur de l’Académie. Le corps enseignant, les inspecteurs et les chefs d’établissement conjuguent désormais leurs efforts pour adapter l’enseignement au niveau réel des élèves, en évitant les ruptures qui mènent à l’abandon scolaire.

Au-delà des approches préventives, déclare Adil AOUAD, chef du service d’appui et d’intégration au sein de la Direction de la scolarisation corrective, l’éducation non formelle constitue un levier central de cette politique. Dès 2014, l’Académie de Fès-Meknès s’était illustrée en inaugurant à Batha le tout premier centre du genre. Aujourd’hui encore, rappelle-t-il, l’AREF Fès-Meknès demeure la première au niveau national à organiser un forum régional consacré spécifiquement à la problématique du décrochage. M. AOUAD a salué l’engagement régional et rappelé les deux piliers de la stratégie nationale : les approches curatives, à travers les centres de la deuxième chance, et les démarches préventives basées sur la mobilisation communautaire. Le rôle actif des jeunes dans l’accompagnement de leurs pairs est ainsi érigé en modèle d’intervention.

Le travail du ministère public, également mis en lumière, a permis la réintégration de 274 000 élèves en trois ans à l’échelle nationale. Un chiffre qui atteste de la portée d’une politique éducative tournée vers l’inclusion et la réparation.

Mais le combat est loin d’être achevé. Dr ROUADI le reconnaît : « Il existe un important vivier d’élèves qui ont quitté prématurément le système scolaire. Il est de notre devoir de leur offrir une véritable seconde chance. » Dans cette optique, l’Académie s’engage à renforcer l’accompagnement financier et logistique des associations, dont il a salué le sérieux et la probité, et à élargir la carte scolaire pour garantir à chaque enfant un parcours adapté à ses besoins.

Enfin, un appel solennel a été lancé aux conseils élus — communaux, provinciaux et préfectoraux — afin qu’ils s’engagent pleinement dans ce chantier. Car, comme l’a rappelé le directeur de l’Académie, « l’enfant absent de l’école est un fardeau collectif ». Et c’est par une action résolue, partagée et pérenne que la société tout entière pourra inverser durablement cette tendance.